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 organes copulateurs chez le serpent

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Ramsès
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Date d'inscription : 05/03/2008
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MessageSujet: organes copulateurs chez le serpent   Ven 22 Aoû - 16:22

Les serpents possèdent des organes copulateurs pairs, appelés hémipénis. Ce nom trompeur provient d'une vieille croyance selon laquelle les deux organes devaient être pressés l'un contre l'autre pour conduire le sperme, ou de l'observation mal interprétée d'espèces chez lesquelles chaque hémipénis est très profondément bifide.

En réalité, un seul hémipénis est utilisé à la fois, celui qui se trouve le plus proche de la femelle au moment de l'intromission. On a émis l'hypothèse que ces organes pairs seraient une adaptation à une méthode d'accouplement dans laquelle la queue du mâle vient se placer latéralement sous celle de la femelle. La position du pénis en érection qui se projette latéralement hors du cloaque serait alors plus favorable que celle d'un organe médian unique.

L'anatomie et le mode de fonctionnement des hémipénis ont été soigneusement étudiés chez les serpents. A l'état de repos, ils sont placés côte à côte dans la partie antérieure de la queue, derrière le cloaque. Chaque organe est creux. La cavité s'ouvre en avant, sur le côté de l'orifice cloacal, et se termine en cul-de-sac en arrière, près de l'extrémité de l'hémipénis. Sa paroi contient de grands sinus sanguins et lymphatiques et est bordée, sur sa surface interne, par la gouttière séminale. La plupart des serpents possèdent, au-dessus des hémipénis, de grandes glandes cloacales en forme de saucisse. Un ou plusieurs muscles rétracteurs, partant des vertèbres caudales, s'insèrent à l'extrémité et sur les flancs de chaque hémipénis. Les deux organes, avec leurs muscles rétracteurs et les glandes cloacales paires, sont entourés d'un grand muscle propulseur fixé, sur la ligne médiane, aux os en chevron des vertèbres caudales. Ses fibres circulaires revêtent l'ensemble de ces organes d'une couche musculaire unique qui s'étend à quelque distance en arrière, au-delà des hémipénis.


Vue ventrale schématique des hémipénis et de leurs muscles chez un serpent.
Le cloaque (à gauche) étant intact. l'hémipénis droit (en bas de la figure) est retracté à l'intérieur
de la queue avec ses épines, son sillon séminal, etc.
Sur sa face interne, tandis que l'organe gauche, avec ses sinus veineux engorgés et ses épines
à l'extérieur, est en érection.

Gmr: grand muscle rétracteur de l'hémipénis
Pmr: petit muscle rétracteur de l'hémipénis
Ohp: orifice du sac hémipénien


L'érection et la rétraction de l'hémipénis sont dues à des actions musculaires et vasculaires combinées. Chaque organe est alimenté par une grosse veine qui peut être bloquée par un sphincter et détermine ainsi l'engorgement des sinus sanguins. En même temps, le muscle propulseur se contracte, faisant jaillir à l'extérieur la partie interne de l'hémipénis comme un doigt de gant retourné, de telle sorte que la gouttière séminale se trouve maintenant sur la face externe. la rétractation et l'invagination sont dues à l'action des muscles rétracteurs, au moment où le sphincter veineux se relâche. l'ensemble du mécanisme est donc tout à fait différent de celui du pénis des autres reptiles, qui peut s'ériger et faire saillie, mais sans s'invaginer.

La forme de l'hémipénis présente d'importantes variations, comme l'a montré E.D Cope dès la fin de XIXe siècle. Chez les serpents, l'hémipénis est cylindrique, conique, bulbeux ou cannelé. Il peut être divisé en deux lobes, pourvus chacun de sa propre cavité, ou encore profondément bifide. Sa surface peut être ornée de papilles et de plis, et chez beaucoup d'espèces elle est armée d'épines.
L'hémipénis des Typhlops et des Leptotyphlops comporte un sillon séminal simple, comme celui des Cylindrophis ou des Dasypeltis. Chez d'autres espèces, le sillon est bifurqué,soit avec un hémipénis simple (Epicrates), soit avec l'hémipénis lui-même bilobé ou profondément divisé (Elapidae, Viperidae). La plupart des couleuvres sont dotées d'un hémipénis asymétrique dont le sillon séminal simple se termine sur un lobe de grande taille. La surface des hémipénis est ornée de papilles ou d'épines (Viridovipera stejnegeri). Chez certaines espèces (Prosymna), les hémipénis sont extraordinairement longs, presque aussi long que la queue. On peut encore trouver des formes d'hémipénis très diverses, sphériques, en massue ou en "corne d'escargot". D'autres sont lisses comme chez certains Trimeresurus. A l'autre extrême, ils sont filiformes (longs et fins) comme chez les Psammophis, Malpolon ou Psammophylax).

On doit à Clifford Cope une fort intéressante description de la façon dont l'hémipénis s'adapte à l'intérieur du cloaque de la femelle. L'observation a été faite sur un couple de Liophis poecilogyrus tué in copula et conservé tel que dans l'alcool. La forme bilobée du cloaque est bien adaptée à celle de l'hémipénis, et chaque branche de la rainure séminale se termine par une sorte de cratère qui s'adapte sur l'orifice de chaque oviducte. les épines qui arment la base de l'hémipènis l'ancrent très fermement quand il est turgescent, et ce lein est si fort que des serpents mâles sont parfois entraînés par des femelles plus grosses qu'eux durant les copulations prolongées. Le fait que l'hémipènis s'invagine lorsqu'il se retire évite toute blessure à la femelle, puisque la surface externe épineuse de l'organe devient sa surface interne au moment où il se rétracte à l'intérieur de la queue. Toutefois, en règle générale, les parois du cloaque de la femelle sont épaisses chez les espèces où l'hémipénis est épineux. Elles sont minces dans le cas contraire.


Source:
Les reptiles d'Angus Bellairs. Edt Edito-Service S.A
Les serpents Oeuvre collective sous la direction de Roland Bauchot. Edt Bordas


Hémipénis de Vipera berus


Photo pour illustration. Source: Google


Hémipénis d'Orthriophis taeniura friesei


Photo pour illustration. Source: Google

Hémipénis de Dasypeltis scabra




"érection" Boa constrictor imperator


auteur: askook

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